La qualité de l’enseignement dépend de la formation continue, la participation des parents et des collectivités (Actionaid)
Le représentant d’Actionaid Sénégal, Moussa Faye a lié l’amélioration de la qualité de l’éducation à la réalisation de trois hypothèses que sont l’amélioration de la formation continue des enseignants et de la participation des parents à la vie de l’école, ainsi que l’implication des collectivités locales.
‘’Si ces trois hypothèses sont réunies, nous aurons une amélioration significative de la qualité’’, a-t-il indiqué vendredi, lors d’un forum sur la qualité de l’éducation axé sur le thème ‘’l’appui à la formation des enseignants et la participation des parents pour de meilleurs résultats scolaires’’.
Actionaid a lancé l’année dernière la phase d’étude d’un projet avec la participation des enseignants, des parents d’élèves des représentants des collectivités locales. Pendant trois mois, une recherche a été menée sur les déterminants de la qualité.
Ce projet vise à améliorer la qualité de l’éducation dans les départements de Foundiougne (région de Fatick) et Tambacounda.
‘’Dans notre stratégie, nous avons bien inscrit le travail que nous devons mener pour améliorer la qualité de l’enseignement maintenant que le Sénégal a réalisé d’énormes progrès en matière d’accès’’, a dit M. Faye, notant que son organisation a beaucoup travaillé sur l’accès de 2001 à 2008 . Elle a vu le taux de scolarisation doubler dans ses zones d’intervention, notamment à Foundiougne.
L’amélioration de la formation continue des enseignants dans les cellules d’animation pédagogique, l’amélioration de la participation des parents afin qu’ils jouent un rôle plus important du point de vue pédagogique, du suivi des enfants et de leur participation dans la vie de l’école occupent une ‘’place importante dans la stratégie de l’ONG’’, a dit M. Faye.
En présence des enseignants, des syndicats, des parents d’élèves, des chefs d’établissements et des élèves, le responsable d’Actionaid a souhaité une participation active des collectivités locales, afin de donner plus de moyens aux écoles.
‘’Nous sommes conscients, tout comme (…) les autorités académiques à tous les niveaux qu’il est temps de se pencher sur la qualité et de mettre beaucoup plus d’efforts et d’énergie dans l’amélioration de la qualité’’, a poursuivi Moussa Faye. Il a noté que son ONG a posé dés le départ une hypothèse consistant à mettre l’accent sur ‘’deux déterminants’’ qui lui semblent ‘’importants’’ et sur lesquels elle a la possibilité d’agir.
‘’La recherche que nous avons menée nous a montré un problème de qualité et de rendement dans le système scolaire’’, a-t-il relevé, non sans souligner que l’Etat a consenti des efforts pour améliorer les investissements en consacrant 40% du budget à l’éducation.
‘’Malgré cela, le taux d’achèvement est de 55%’’, a-t-il déploré. ‘’On peut encore dire que la moitié des élèves ne franchissent le seuil du primaire pour aller au niveau du secondaire’’.
Tout en plaidant pour que tous les acteurs travaillent en synergie pour améliore la qualité des enseignements, le représentant d’Actionaid, a noté que la porte d’entrée de ce projet de qualité de l’enseignement passait par une réflexion commune des acteurs.
‘’C’est le sens du forum d’aujourd’hui où nous espérons amener les acteurs les enseignants, l’Inspection d’académie, les parents d’élèves et les collectivités locales à s’engager pour la qualité’’, a-t-il expliqué.
Le responsable national de l’ONG a émis son vœu de voir sortir de cette rencontre, une charte de la qualité qui sera le résumé des engagements pris par chaque groupe d’acteurs à travailler dans ce sens. Actionaid compte appuyer les idées d’action qui seront retenues par chaque groupe d’acteurs afin que la qualité puisse être améliorée dans le département de Tambacounda.
La qualité est un idéal vers lequel on tend toujours à travers la gestion, a soutenu l’inspecteur d’Académie, Alioune Ndiaye, soulignant qu’‘’on a pas encore de qualité dans notre système’’ éducatif. Pour ce faire, ‘’il y a un ensemble de leviers qu’il faut actionner, tels que l’environnement scolaire, l’apport des collectivités qui, malheureusement, est faible au niveau de Tambacounda’’, a-t-il dit.
M. Ndiaye a évoqué entre autres problèmes, la question de la formation, à propos de laquelle il a dit compter sur l’apport de Actionaid pour atteindre la qualité des enseignements et apprentissages.
Pour ce qui est des problèmes d’achèvement chez les filles à Tambacounda où le taux est de 47%, l’inspecteur d’Académie a réaffirmé son engagement à accompagner l’ONG dans ce sens.
The Dakar Times avec APS
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